CRERA Comité de Réflexion Ethique et de Reconnaissance des Aînés

LA MISSION DU CRERA

Donner la parole aux citoyens pour répondre aux attentes des personnes âgées d'aujourd'hui et préparer le vieillissement de demain.

L'ACTION DU CRERA

"Bien vivre à domicile - Bien vivre en établissement" Veiller à ce que soit respecté la dignité des personnes âgées. Faire reconnaître leurs droits humains fondamentaux.

QUI EST LE CRERA ?

Le CRERA, association ouverte à tous citoyens : seniors, personnes âgées, familles, étudiants.
Le CRERA regroupe des associations de bénévoles et des professionnels.

LES INFOS DU CRERA

Opération "Monalisa" à écouter sur France Info

suivez le lien ci-contre   Retrouver le sourire avec l'opération "Monalisa"

 

FRANCE INFO SENIORS

Un RDV de seniors  Le Dimanche à 5h50, 8h27, 12h25, 22h55, 00h25

Un coup de fil à une personne âgée seule ?

Renseignements, dossier d'information, candidature bénévole :
AU BOUT DU FIL, Association Loi 1901 – Site web : www.auboutdufil.org

CRERA - COPREMA

LES REUNIONS DE TRAVAIL AVEC LES SIGNATAIRES

Réunion du groupe N°1 des signataires de la lettre d’engagement

13 octobre 2015 à la Seyne sur Mer « villa des fleurs » à Mar Vivo

Animée par  Elisabeth ARTU Présidente CRERA  -  Nelly SECCHI-SEILHES Secrétaire CRERA

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L’ordre du jour portait sur les points suivants :

 1–Restitution de la maltraitance dans nos milieux professionnels. Nous pouvons chacun à un moment être maltraitant et maltraité. Une réalité avec laquelle nous avons souvent du mal à prendre du recul.

 2-Qu’est ce qui pour chacun de nous peut être qualifié d’actes maltraitants ? Entre négligences et maltraitances ou se trouve la limite ?

 3-Partage d’expériences : échecs et réussites

 4-Accueil des stagiaires et des nouveaux salariés un rendez- vous important à traiter avec le plus grand soin et qui peut faire toute la différence dans la gestion des ressources humaines.

 5-Exemple de livret d’accueil

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  1. Approche de la notion de « vulnérabilité »auprès des personnes âgées et des personnes handicapées :

Le dénominateur commun chez les victimes de maltraitances, c’est leur vulnérabilité.

La vulnérabilité renvoie donc à la fragilité, à la lenteur, à l’absence de protection et met en évidence l’asymétrie des forces

La dépendance accroît la vulnérabilité. La dépendance du sujet âgé est psychologiquement complexe à vivre : pour le sujet atteint, devoir quitter son statut antérieur de validité et de maîtrise, être à la charge des autres, physiquement, psychiquement, financièrement, est une épreuve. Beaucoup de personnes âgées souffrent et disent « je ne suis plus rien, je ne suis qu’une charge ». Les paroles, les messages et les attitudes de leur entourage familial ou professionnel peuvent les blesser profondément. Aussi, confirmer qu’ils sont une charge, alors qu’ils le ressentent déjà, est une cruauté accomplie.

La dépendance du sujet âgé est physiquement une épreuve. Ne pas pouvoir se lever seul, ne pas pouvoir se laver seul, ne pas pouvoir manger seul, se gratter soi-même, éloigner une mouche qui se pose sans cesse sur le visage, ne pas pouvoir fermer le volet alors que le soleil vous éblouit, est insupportable

La dépendance du sujet âgé crée un lien complexe avec celui qui lui apporte de l’aide. Le malade dément qui ne peut plus s’exprimer risque quant à lui d’être victime d’une prise de pouvoir de ses auxiliaires d’aide : il ne peut plus se plaindre et son silence garantit l’impunité de ces derniers. Lorsque la victime ne peut plus rien dire, elle est doublement vulnérable.

Les liens présents entre pouvoir d’un côté et vulnérabilité des personnes dépendantes de l’autre doit sans cesse nous faire interroger nos pratiques

 

Avoir du pouvoir, utiliser son pouvoir   doit inévitablement s’accompagner de la notion de responsabilité, nous sommes tous responsables de nos paroles et de nos actes.

 

Répondre de ses actes et devoir répondre de ses actes

 

Redonner du sens au travail, le personnel même avec toute sa bonne volonté fait partie de la société qui souvent nous rappelle son absence de considération pour le grand âge et qui par ricochet atteint les professionnels.

                              Comment déterminer la maltraitance ?

  • A quel moment ?
  • Distinction entre maltraitance occasionnelle et celle de fonctionnement.
  • Dissocier le temps « passer » et la qualité relationnelle
  • La maltraitance ordinaire la plus répandue se cache dans les détails elle est banale et banalisée
  • C’est «  la maltraitance des détails
  • Participation des familles par la compréhension des modes de fonctionnement des établissements. Mesure didactique importante pour la prise de confiance entre résidents, familles et professionnels.
  • L’histoire de vie du résident, déclarative, traduit le mode de fonctionnement personnalisé et individualisé.
  • Le projet de vie construit en début, évolue en harmonisation tout au long du séjour

 

2- Quelles réactions avez-vous lors de la connaissance de maltraitance ?

Responsabilités diffusées suivant la hiérarchie : cheminement d’une plainte : que s’est-il passé ?

                         PERSONNE VULNERABLE PRIORITAIRE

  • Sans tarder entendre la personne âgée, puis le soignant : rappel de l’acte citoyen vis-à-vis du pénal.
  • Tolérance « zéro » recherche des évènements dans la transparence.- recueillir « la parole » anonymement, mais en notant son corps de métier, et au cours d’un groupe de paroles, travailler sur le thème avec le psycho.
  • Importance de la préparation de l’entrée en institution pour les professionnels, vigilance lors de la période d’essai.
  • Il est souhaitable d’effectuer une visite au domicile du « futur »résident avant l’entrée en EHPAD.
  • Respect des cultures en application de la loi de 2002

 

3 -La vulnérabilité des personnes âgées dépendantes rend les soignants vulnérables

si le sujet de la mort n’est pas verbalisé, apprivoisé, les peurs et les angoisses seront refoulées et peuvent provoquer un certain rejet du vieillard qui se traduira plus facilement par des actes ou des paroles inappropriées

Pour éviter que le personnel soit en souffrance  

  • Trouver un cadre dans lequel il pourra s’exprimer,
  • Se sentir valorisé par la participation à des discussions inter disciplinaires,
  • Veiller à la cohérence des décisions et veiller à la cohésion dans l’équipe,
  • Trouver des points de repères dans des situations difficiles,
  • Ne pas les laisser prendre seul des décisions insupportables, insurmontables,
  • Retrouver du sens dans les soins :
  • Rééquilibrer l’investissement relationnel sans désinvestir le soin technique.
  • Demander au soignant de considérer la P.A. comme le décisionnaire de ses choix,
  • Respecter ses décisions anticipées,
  • Associer les familles aux décisions, établir ou rétablir la confiance entre soignants et familles,
  • Associer la personne de confiance qui est généralement un membre de la famille
  • Changer son regard sur la personne dite démente

 

4- Apporter une attention toute particulière à toutes formes de contention

 La pose de contention doit rester exceptionnelle et répondre à un besoin précis. La prévention de chute, de fugue ne justifie pas la mise sous contention d’une personne.

(se référer au rapport de l’ANESM et à la conférence de consensus sur le droit d’aller et venir)

 « le placement sous contention abusif peut être qualifié de maltraitance. »

 

5- Quand on parle de personnes vulnérables, nous devons nous interroger   sur la notion de dignité.

 Cette notion de dignité à fait débat au sein du groupe « Fréjus »

 De quelle dignité s’agit-il en réalité?

De la dignité ontologique comme caractère absolu, indéfectible, inaliénable liée à l’humanité et qui ne se mesure ni en degré ni en parties?

Ou bien de cette dignité ou indignité vécue comme une dégradation sous le regard de l’autre, liée à la faiblesse, à la vulnérabilité, à la dépendance physique ou psychique. Lorsque la souffrance en l’un ou l’autre de ces domaines est telle qu’il ne reste que l’envie d’en finir, pour soi, pour l’image que l’on veut laisser, pour ce que l’on impose aux aidants.

Cette question méritera que l’on y revienne en abordant le sujet sur la fin de vie et la loi Cleyes et Léonetti (celle-ci doit être réécrite avant vote définitif par le Sénat)

 

6- La réflexion éthique est un projet managérial à part entière

L’engagement de la hiérarchie et la mobilisation d’acteurs pluridisciplinaires sont incontournables

Un fonctionnement basé sur un management participatif avec inclusion de tiers extérieurs permet, si ce n’est d’éviter la maltraitance, de la traiter dans un climat de confiance réciproque.

Accepter que malgré tout ce que la direction a pu initier pour que la maltraitance puisse être détectée rapidement, il y ait des « zones » de non contrôles inhérentes au fonctionnement des équipes qui font corps pour protéger un de leur membre .

La direction sera toujours vécue comme la personne qui sanctionne, et c’est aussi son rôle.

La démarche de responsabilisation des individus est une démarche collective.

Il convient de ne pas minimiser l’importance de mise en place de garde-fous avec des personnes extérieures: associations, visiteurs, familles….

Le management de la direction comprend aussi :

  • Le contact avec les résidents par des visites individuelles, organisées suivant la disponibilité de la direction (quotidienne, hebdomadaire…..) afin de construire un rapport de confiance.
  • Les contacts collectifs, au repas par exemple.

 

7- L’accueil des stagiaires, et des nouveaux salariés :

Il est souhaitable d'optimiser la qualité de l'accueil des personnels nouveaux ou personnels de remplacement ainsi que la qualité de l'accueil des stagiaires en formation dans l'établissement. En effet, l'analyse de l'existant démontre que souvent ces personnes ne bénéficient pas toujours d'un processus d'intégration clairement défini.

Les stagiaires sont les premiers « agents communicants » sur la qualité de votre structure, ils peuvent devenir vos prochains salariés.

Les stagiaires peuvent être surpris du décalage entre la réalité du terrain et la formation reçue en institut. Il est important pour éviter toutes interprétations de bien repositionner ce qu’est le secteur de la gériatrie avec ses atouts et ses carences.

Avec ses yeux neufs le stagiaire doit pouvoir poser toutes les questions qu’il souhaite sans barrages et sans interdits.

Accepter et faire accepter aux équipes que leurs pratiques peuvent être interpellées et permettre un débat constructif.

Le stagiaire doit savoir que comme tout salarié il a le devoir de dénoncer tout acte qui lui semble inappropriés ou maltraitants, et qu’il encourt devant les tribunaux les mêmes poursuites lors de faits graves .

Le stagiaire doit pouvoir en fin de stage être reçu par la direction afin d’analyser les points positifs et négatifs de son passage dans la structure accueillante. Il doit pouvoir être assuré que la direction ne se servira pas de ses propos à des fins de sanction pour des personnels, mais qu’ils vont permettre d’améliorer le fonctionnement ou de mettre en place des actions pour remédier à des défaillances.

Le signalement des maltraitances par un stagiaire doit à notre sens être initié soit par le stagiaire lui-même, soit par l’institut de formation qui en aura eu connaissance lors des bilans de fin de stage.

Ce point qui a semblé important pour la majorité des participants devra être revu avec les centres de formation afin de dégager une position commune.

Certains souhaitant être prévenus par l’institut de formation.